Auteur/autrice : Anne

  • Mon téléphone vibrait plus que moi 

    Mon téléphone vibrait plus que moi 

    Le mois dernier, je suis partie marcher dans le Lot, en pleine nature, durant quelques jours.

    Les semaines précédentes avaient été d’une grande intensité. Les accompagnements étaient nombreux, profonds, parfois bouleversants. Ils demandaient une présence entière. J’aime profondément mon métier mais, pour la première fois depuis longtemps, je sentais qu’une pause s’imposait.

    Mon corps était fatigué, oui. Mais ce n’était pas seulement cela.

    Ma tête tournait, comme un vieux 33 tours, sans interruption. Les histoires entendues, les émotions traversées, les liens tissés avec les personnes accompagnées continuaient de résonner en moi.

    Je suis alors partie marcher, avec l’idée d’une grande balade contemplative et ressourçante.

    La nature était prête. Moi, beaucoup moins.

    Les premiers kilomètres n’ont pas ressemblé à ce que j’avais imaginé.

    Mes jambes étaient lourdes et avançaient lentement. Mes pensées, elles, avaient prévu de courir un ultra-trail. Elles reparcouraient les rendez-vous passés, gravissaient ceux à venir, bifurquaient vers mille projets et cherchaient des réponses à des questions qui n’en demandaient pas.

    Et comme si cela ne suffisait pas, mon téléphone avait décidé de suivre le même rythme. 

    Prévu au départ comme une simple boussole de poche pour suivre les chemins, il vibrait sans cesse. Les notifications s’accumulaient, les messages arrivaient. Les demandes aussi.

    Rien n’était réellement urgent. Tout pouvait clairement attendre mon retour.

    Pourtant, je laissais toutes ces sollicitations entrer dans ma marche.

    Je restais occupée, disponible pour tout…Sauf pour moi. 

    Je ne m’arrêtais plus. Je ne descendais plus à l’intérieur. Je passais à côté de moi,

    Mon téléphone vibrait plus que moi.

    J’étais connectée à tout, sauf à moi.

    Ces quelques jours de nature m’ont rappelé quelque chose d’essentiel: le bruit ne vient pas toujours de l’extérieur. 

    Dans cette époque où tout nous invite à rester connectés, aux informations, aux messages, aux réseaux sociaux, aux sollicitations permanentes, je croyais savoir ralentir. Mais voilà que je me mettais à remplir le moindre espace disponible. 

    Une marche devenait un podcast. Quelques minutes d’attente devenaient un défilement automatique sur mon téléphone.

    Même le silence semblait devoir être occupé.

     Je me frôlais sans même m’en rendre compte. 

    J’étais là, physiquement. Je faisais ce qu’il fallait. J’avançais. Je répondais. J’écoutais les autres. 

    Mais je passais si vite à côté de moi que je ne remarquais même plus mon absence.

    Une question s’est imposée :

    Qu’est-ce que le bruit permanent est venu me voler, en silence, ces dernières semaines ?

    Je me suis posée. Je n’ai rien cherché.

    Je suis simplement restée assise là, suffisamment longtemps pour entendre ce qui était déjà présent. 

    Le vent dans les arbres. Un oiseau. Le craquement d’une branche. Mon souffle.

    Et, doucement, quelque chose, en moi, a recommencé à prendre de la place.

    Le silence n’est pas vide. Il est plein de tout.

    Il me rend simplement l’espace dont j’ai besoin pour me retrouver.

    Depuis, j’essaie de me laisser, chaque jour, quelques minutes sans rien remplir. Sans apprendre. Sans produire. Sans écouter autre chose que ce qui est déjà là.

    Je ne sais pas ce que le silence vous dira car il nous raconte rarement la même chose. 

    Merci d’être là.

    Merci d’avoir lu cette lettre jusqu’ici.

    Merci d’oser regarder à l’intérieur dans un monde qui pousse sans cesse vers l’extérieur.

  • Et si aider pouvait parfois empêcher ?

    Et si aider pouvait parfois empêcher ?


    Aider… ou empêcher ?

    L’autre jour, j’étais assise dans la salle d’attente d’un cabinet de kinésithérapeutes et d’ostéopathes.

    Tu sais, ce genre de lieu où les os et les muscles racontent leurs histoires. Les VSL déposent et récupèrent les patients. Les béquilles s’alignent contre les murs. Les déambulateurs attendent patiemment leur tour.

    Ça circule. Ça entre. Ça sort.

    Ça plie, ça coince et ça tricote des coudes et des rotules.

    Un formidable ballet du « je fais comme je peux ».

    Je suis là, j’observe. Et je me lève pour tenir la porte à un déambulateur un peu plus pressé que les autres.

    Et là…Petit « BZZZZT » intérieur.

    Pas un immense éclair spirituel qui te fait vibrer jusqu’aux orteils. J’aime aussi, mais ce n’était pas le jour.

    Plutôt cette petite voix qui murmure :

    « D’accord… allons regarder ça de l’intérieur. »

    Je me suis vue, moi. Enfin, une part de moi.

    Cette part qui porte une petite cape invisible, pleine de bonnes intentions, qui cherche à faciliter, soulager, réparer. Avec cette envie sincère que ça aille mieux, vite et beaucoup mieux, pour l’autre.

    Puis une question est arrivée.

    Mais au fond… qu’est-ce qu’aider ?

    Parce que parfois, aider consiste à dégainer une solution avant même qu’on nous l’ait demandée.

    Et finalement…C’est peut-être empêcher.

    Empêcher l’autre de chercher.

    Empêcher l’autre de se tromper.

    Empêcher l’autre de découvrir qu’il peut.

    Ce n’est pas très confortable à reconnaître

    C’est un peu comme une béquille.

    Une béquille, lorsqu’on a mal, est précieuse. Elle soutient, sécurise et évite parfois que tout s’écroule.

    Mais nous ne sommes pas faits pour vivre sur une béquille.

    Elle ne remplace jamais la rééducation.

    Or la rééducation est lente. Exigeante. Parfois ingrate.

    Et surtout, elle demande un effort que personne ne peut faire à notre place.

    C’est un engagement envers soi-même.

    Une responsabilité.

    C’est elle qui permet de se relever, de se redresser et de se remettre en marche.

    À son rythme.

    Pour de vrai.

    Et si nous devenions parfois la béquille de l’autre ?

    Je réalise que nous tendons souvent cette béquille sans même qu’on nous l’ait demandée.

    Parfois, nous nous transformons carrément en béquille.

    Une belle version réglable, pliable, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, garantie sans grincement et avec pied antidérapant.

    Pourquoi ?

    Par amour.

    Par réflexe.

    Par peur aussi.

    La peur de voir l’autre souffrir ou retomber.

    Mais pendant ce temps-là…

    La rééducation attend.

    Laisser l’autre faire son chemin, c’est accepter qu’il tâtonne, qu’il prenne du temps et qu’il vive ses propres détours.

    Sans intervenir immédiatement.

    Sans sauver.

    Et cela demande parfois bien plus d’amour et de présence que d’action.

    Rester à côté plutôt qu’à la place

    C’est un endroit particulier, un endroit précieux.

    Celui où l’on n’est plus celui qui fait à la place, mais celui qui reste à côté.

    Présent. Disponible. À hauteur de souffle.

    Assez proche pour soutenir.

    Assez loin pour laisser grandir.

    À sa juste place.

    Une kinésithérapie de l’âme

    Je réalise que c’est un peu comme cela que je vois mon métier.

    Une forme de kinésithérapie de l’âme.

    Je n’apprends pas à marcher à la place de l’autre.

    Je ne peux pas.

    En revanche, je peux accompagner le mouvement, soutenir l’élan lorsqu’il tremble, offrir un autre point d’appui pour regarder plus haut et aller plus loin.

    Et rappeler une chose essentielle :

    La force est toujours là. Même lorsqu’elle est simplement… en rééducation.


    Et toi, t’est-il déjà arrivé de vouloir tellement aider quelqu’un que tu as finalement pris sa place ?

    Je serai heureuse de lire ton expérience en commentaire.

  • Cesser de tenir bon et commencer à respirer

    Cesser de tenir bon et commencer à respirer

    Il y a un moment dans une vie où quelque chose n’est plus adapté.

    Pour moi, ce moment a été simple et bouleversant à la fois.
    J’ai compris que tenir bon m’empêchait de respirer.

    Je passais beaucoup de temps à comprendre mes émotions, à les analyser, à essayer de les maîtriser. Mais comprendre ne suffisait pas. Il fallait aussi apprendre à ressentir. À laisser circuler. À vivre.

    C’est de cette prise de conscience qu’est né mon premier livre, La Traversée du sensible, dont la sortie officielle aura lieu le 13 avril 2026.

    Les précommandes sont ouvertes.

    Respirer plutôt que lutter

    Nous avançons souvent contractés, comme en apnée.
    Nous faisons comme si tout allait bien. Nous tenons. Nous résistons.

    Mais garder certaines parts de soi en suspension n’est pas une manière paisible de vivre.

    Alors une autre voie s’est dessinée.
    Laisser revenir le souffle.
    Habiter sa vie intérieure sans s’y perdre.
    Apprendre à nager dans ses émotions plutôt que lutter contre elles.

    Ce livre est né de cette traversée.

    Ce que je propose dans ces pages n’est ni une méthode, ni une solution miracle. C’est une présence.

    Un espace pour ralentir, sentir, respirer.
    Une invitation à vivre sa sensibilité comme une force et à renouer avec son corps, ses émotions, son rythme profond.

    Un compagnon de navigation en quelque sorte.

    La mise à l’eau

    Écrire ce livre a été une navigation intérieure, entre mers calmes et courants inattendus. Aujourd’hui, je me réjouis de le voir prendre sa forme et de pouvoir bientôt te le confier.

    Sortie officielle le 13 avril 2026.
    Précommande disponible dès maintenant sur ce site.

    Et toi, en ce moment, ton océan intérieur est plutôt mer calme, houle légère ou tempête force 8 ?

  • Une traversée s’ouvre

    Une traversée s’ouvre

    Ces dernières années, entre mes accompagnements et mes propres mouvements intérieurs, j’ai beaucoup écrit.
    Parfois dans de jolis carnets, parfois au dos d’une enveloppe. Sans plan, sans intention précise; juste pour sentir, laisser infuser ou encore faire de la place à l’intérieur. 
    Et puis, lentement, quelque chose a mûri, en silence. Aujourd’hui, cette matière sensible et spontanée d’écrire prend une forme bien concrète et j’en suis profondément émue. ‍

    « Il y a des moments où l’on ne cherche plus à comprendre. Seulement à sentir. »

    ‍Ces mots ouvrent la quatrième de couverture du livre que je termine. Il s’intitule  La Traversée du sensible. 
    Je l’ai écrit pour ceux qui se sentent parfois débordés par leurs émotions, fatigués sans raison apparente, ou un peu déboussolés quand la vie se densifie. 
    C’est un livre-compagnon. Pas un manuel. Pas une méthode.
    Un espace où revenir quand le dedans s’agite, quand les repères tanguent, ou simplement quand le besoin de se poser se fait sentir. 
    J’y écris comme j’accompagne, avec une attention simple: au corps, aux émotions, aux mouvements intérieurs, et au rythme propre de chacun. 
    Si je t’en parle aujourd’hui, c’est parce que beaucoup de ces pages sont nées de ce que j’ai vécu, mais aussi de ce que nous traversons ensemble. Dans les silences partagés, les mots déposés, les corps écoutés. 
    D’une certaine manière, ce livre te ressemble. Il nous ressemble. 
    Je te communiquerai très bientôt la date de sortie ( Youpi, youpi !) et les modalités, si tu souhaites l’accueillir. 

    Et toi, où en est ta propre traversée en ce début d’année ? 

  • Quand ton mental clignotte comme un sapin de Noël

    Quand ton mental clignotte comme un sapin de Noël

    Dis-moi, est-ce que ça t’arrive de te réveiller en pleine nuit, les yeux grands ouverts, avec le cerveau qui clignote comme un sapin de Noël ?

    Tu regardes l’heure, tu calcules le temps de sommeil qu’il te reste et, plus tu t’inquiètes de ne pas dormir, moins tu dors

    Ton corps, lui, est encore bien lourd et fatigué.
    Mais ton mental décide de lancer une réunion improvisée à 3 heures du matin.

    Tu n’as pourtant rien demandé, et il est là, refait ta journée, anticipe le lendemain. Et dépose au passage quelques sujets d’inquiétude sur la table. Il doit penser que la nuit, quand le silence s’installe, c’est le moment parfait pour vadrouiller.
    Il pense et repense, reconstruit, se rappelle, anticipe et tisse mille hypothèses sans jamais s’arrêter.
    Aucune limite. Aucun bouton pause à l’horizon.

    Quand le mental prend toute la place

    Je connais ça aussi.
    Surtout dans les périodes de charge mentale, quand tout s’accélère et que mille choses veulent (ou volent) mon attention.

    Il y a quelques semaines, je suis tombée sur une technique simple et étonnante, mise au point par un chercheur canadien en psychologie cognitive, Luc Beaudoin. Cette technique est connue sous le nom de Cognitive Shuffle.

    Évidemment, je l’ai testée dès la réunion nocturne suivante.
    Résultat : je me suis rendormie en quelques minutes.
    Depuis, c’est devenu mon petit doudou.

    Une technique étonnamment simple pour se rendormir

    Rien de spirituel ni de complexe.
    Il ne s’agit ni d’une méditation, ni d’un exercice de respiration, ni d’un scan corporel.

    Je t’explique, tu vas voir, c’est d’une simplicité déconcertante.

    Quand tu te réveilles la nuit et que ton mental s’emballe :

    1. Choisis un mot neutre ou agréable

    Un mot qui t’évoque quelque chose de simple.

    Par exemple : COUETTE

    2. Ferme les yeux et visualise ce mot

    Imagine cette couette douce, moelleuse et accueillante.

    3. Associe une image à chaque lettre

    Pour chaque lettre du mot, trouve un mot qui commence par cette lettre et qui évoque quelque chose de neutre ou de plaisant.

    Prends quelques secondes pour l’imaginer.

    • C, comme Cerise, petit fruit rond et goûteux
    • O, comme Ours, massif et tout poilu
    • U, comme Univers, scintillant et lumineux

    Et ainsi de suite, lettre après lettre, image après image.

    4. Recommence doucement

    Quand tu as terminé, choisis un autre mot… et recommence.

    Pourquoi ça fonctionne ?

    L’idée est simplement d’occuper ton cerveau avec des images paisibles sans lien logique entre elles.

    Privé de matière à analyser, anticiper ou ruminer, le mental se calme.
    Le niveau d’alerte redescend et, sans que tu t’en rendes compte, le sommeil peut se réinstaller.

    Trois mots suffisent souvent.
    Parfois un peu plus, selon les nuits et les pensées du moment.

    Le secret : patience et douceur.
    Laisse venir les images sans forcer.

    Il n’y a rien à comprendre, juste à regarder passer les images, comme un mobile suspendu au-dessus de ton lit.

    Pour finir…

    Cette technique a adouci mes nuits.
    Peut-être qu’elle changera les tiennes aussi.

    Que tes nuits soient paisibles et tes journées plus légères.

    Et si tu testes, n’hésite pas à me dire comment ça a marché pour toi.

    Note importante

    Cette technique peut être utile pour les réveils nocturnes liés à l’agitation mentale. Elle ne remplace pas un avis médical.